Mes flashes...mes humeurs
"Approche"
Pfoupfp...Dieu que ces couleurs sont belles !
Les voir virevolter, me sentir pris dans ce tourbillon, ça m’ôte du cerveau tous les mots. Tout ce qui sort de ma bouche, c’est ce borborygme de contentement ; plus d’interdit sur cette terrasse de café. Ils sont tous là, mais je ne perçois que ces couleurs vives qui me baignent de leur légèreté.
Pfoufp... finis les interdits, les questions, les prises de tête ; ils sont tous là mais je ne vois qu’elle dans sa robe bariolée de jaune, d’orange et de rouge. Elle qui rit, qui danse, DANSE.
Et les autres dansent, se frôlent, la frôlent, se touchent parce que ce café mexicain est si petit, si petit dedans, si petit dehors qu’ils ne peuvent pas s’éviter... et elle rit, et elle danse.
Pfoupfp... tout mon être lui crie silencieusement : « Approche ! Come un little bit closer ». Je sais qu’elle l’entend, mon appel silencieux et soudain, moi aussi je suis pris dans ce tourbillon. Moi aussi, je danse... enfin, je crois que je danse, mais mon mantelet d’acier qui m’emprisonne les épaules est toujours là. Peu importe, à force de me sentir danser, je danserai et cette saloperie de cotte de mailles explosera, je le sais.
Ils dansent, elle danse, JE DANSE, et cette cavalcade de danseurs s’étire vers la plage. Le soleil est éclatant, une boule d’or en fusion. « Come a little bit closer, you’re my kind of girl ! » Elle se retourne, me prend la main, et soudain, tout s’arrête et ce soleil éclatant, ce soleil mâle et glorieux tire sa révérence devant le disque lunaire qui jette sur nous tous sa tendre mais crue lumière blanche.
Elle lève les yeux vers la lune, sa mère et c’est maintenant elle qui l’attire à nous, nous tous qui ne formons plus qu’un seul et même corps. « Viens plus près », j’entends ce chuchotement et je ne sais plus si c’est Elle ou la Lune qui murmure ce curieux appel. Quelqu’un brise la magie, hurle : « On va boire un coup sur la place ? » Je ne veux pas. Appeler la lune, l’appeler Elle, c’est ça le sens de ma vie.
Et tout à coup, je me vois dormir sous un monceau de gens qui me touchent, me font une couette de leurs corps...
« Jeanne, réveille toi, c’est l’heure du lycée »...
Qu’est-ce qu’elle m’a dit, la bohémienne, l’autre jour ? Tout ce que je vois en rêve, c’est moi ? Ben, y a du boulot !
Jacqueline Bastide 2 décembre 2008