Mes flashes...mes humeurs
Pourquoi ? ou Pour Quoi ?
OU
Les Merveilles de la confusion des genres
Petit exercice pratique : Vitesse limitée à 110 km/h sur autoroute
Voici une vidéo qui illustre à merveille la différence entre l’Ordre et le Sens.
http://video.fr.msn.com/watch/video/expliquez-nous-la-limitation-de-vitesse-sur-les-autoroutes/13qqxrima
Limiter la vitesse, où que ce soit, est, comme tout interdit, un ordre qui sous-entend ne pas être outrepassé sous peine de sanction. Comme le peuple semble ne pas comprendre le bien-fondé de cette décision, nos éducateurs, les médias, nous font un joli cours sur les différentes raisons qui justifient ce diktat. Ils nous font délicatement connaître les raisons qui président à cette décision prise pour notre bien. En bons formateurs, ils nous l’expliquent en trois points.
Ces 1. 2. 3. vont , bien sûr, nous rassurer sur le fait que la décision a été « pensée » et logiquement raisonnée. Par ailleurs, pour fortement étayer le bien-fondé de cette attitude pédagogique, on nous montre à quel point le bon peuple est divers et peu
« rassemblé ». Nous y voyons le redresseur de torts, le conciliateur, le penseur, le stupéfié par l’incohérence, les rebelles qui se contiennent plus ou moins, la société, quoi ! Comment donc faire autrement que décider d’une action commune (le business parlerait de benchmarking) puisque les individus sont par essence si divers ! Sauf que, si le benchmarking cherche le point commun de l’excellence (sic !), ici nous sommes en face d’un autre PPCM : le Plus Petit Commun Message, à savoir celui qui doit réduire chacun à ce qui peut être compris par n’importe qui. Il semble que ce soit l’essence d’une société de l’Ordre, qui, bien sûr, justifie cela par la belle valeur d’Egalité !
sauf qu’égalité ne signifie pas réduction à un modèle défini on ne sait par qui !
L’énorme différence entre l’Ordre et le Sens, c’est que le premier peut, s’il le désire, se justifier par l’expression des « pourquoi ? » qui ont motivé l’action ou l’interdiction de l’action. Le second, lui, n’existe que si, dans l’intime de chacun, s’inscrit le « pour quoi ? », le « vers quoi ? » tend l’action proposée par un tiers ou par notre intime conviction.
On voit donc qu’une civilisation de l’ordre ne peut inclure l’autonomie dans ses valeurs, puisqu’elle se doit de veiller au bon « rangement » de son établi qu’est la société et les humains qui la composent. En revanche,
Aller vers un Nouveau Monde, c’est tourner le regard vers un horizon, en ayant la foi indéfectible que l’impossible est possible, que la terre est ronde et qu’on ne tombera pas dans un trou sans fond, si l’on ne respecte pas la vision « cartographique » qu’on nous propose.
Aller vers un Nouveau Monde, c’est aussi accepter qu’on le trouvera mais qu’on ne lui donnera pas notre nom de découvreur, que cette « Amérique » sera « récupérée » (isn’t it, Mister Vespucci !) et savoir que cela n’a aucune importance puisqu’il existera. (Et voilà mon troisième point de pédago !)
Aller vers un Nouveau Monde, c’est accepter l’immense responsabilité de notre liberté. Et savoir que la compréhension d’un tel monde ne peut s’obtenir que par le cœur , pas par la cervelle.
Et pour clore cette page , rappelons-nous que la quête de ce Nouveau Monde demande de bannir deux questions :
Rien n’existe. Tout est à créer.
Jacqueline Bastide 3 octobre 2009